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Biographie
Romélie et Modeste, ses parents, ont quitté la terre trop pentue de la Vallée d'Aspe - La vallée des ours - dans le haut Béarn pour venir travailler à la ville. Papa entrera aux chemins de fer, maman travaillera dans les hôpitaux. À la maison les parents ne parlent entre eux que la langue du pays et Marcel n'oubliera jamais ses origines béarnaises. À la fin du primaire, les instits estiment que ce petit doit poursuivre ses études. Tout irait bien au lycée s'il n'était pas si chahuteur: le remuant élève, après avoir fréquenté plusieurs établissements (!), décide, après le bac, de préparer le professorat d'éducation physique, en raison de ses aptitudes sportives et de son goût pour le grand air. Il faut dire que ses copains de stade apprécient avant tout chez lui le boute-en-train que l'on voit participer aux radio-crochets d'amateur, sans compter les improvisations lors de 3ème mi-temps mémorables.
Finalement, la comédie et la musique l'emporteront sur le sport: pour l'argent de poche, les bals de week-ends où il chante et joue de la batterie et du sax, pour les projets "sérieux", les cours au Conservatoire d'Art Dramatique avec au bout un prix dans "les Précieuses ridicules", suivi d'engagements divers où alternent aussi bien les valets de Molière que les jeunes premiers comiques d'opérettes et de revues locales ("Les tournées Tichadel"). Début 1951, toutes activités artistiques bordelaises bouclées, il prend la décision d'aller tenter sa chance à Paris. Désenchantement. Sans relations, il fait le dur apprentissage de la jungle parisienne. De cinémas miteux en brasseries minables, puis de tournées en cabarets des rives droite et gauche, il fait son trou, avec une foi inébranlable. En 1953, Jean NOHAIN le découvre et l'intègre dans sa troupe qui sillonne la France; on commence à l'entr'apercevoir dans la célèbre émission de télévision "36 chandelles". Malheureusement, la vache enragée se venge et en 54 la belle aventure menace de se terminer au sanatorium. C'est mal connaître ce battant qui ne vit plus désormais que pour son métier. A nouveau sur pied, il reprend de plus belle son activité artistique et remporte coup sur coup les premiers prix d'interprétation aux concours de Cannes et de Deauville -du beurre dans les épinards... 1956 - l'année miracle. Les plus grands cabarets lui ont ouvert leurs portes (Le "Liberty's", "La Fontaine des 4 saisons", "La Villa d'Este", "Le Vieux Colombier").
Et le voici au music-hall sur la scène de "l'Alhambra - Maurice CHEVALIER" (c'est un cinéma aujourd'hui). Ces succès parviennent aux oreilles de Bruno COQUATRIX qui - enfin - l'engage à l'Olympia. Le public croit découvrir un talentueux inconnu, alors qu'il a affaire à un "vieux" briscard aux sept ans de métier qui a su se créer un style personnel. Dans le programme de PIAF où il passe en "supplément au programme", il est prolongé de trois semaines, puis encore d'un mois et finit en 2ème vedette, "vedette américaine" comme on dit alors.
Les journaux titrent "Marcel AMONT, la révélation de l'année". La consécration a été longue à venir, mais tout va alors très vite; il signe son premier contrat de disque dans la foulée et obtiendra le Grand Prix de l'Académie Charles Cros en compagnie de Juliette GRECO et d'un autre "débutant" nommé Serge GAINSBOURG; il fait aussi ses débuts au cinéma avec Brigitte BARDOT dans le film de Pierre GASPART HUIT "La mariée est trop belle" (1957) . (Quelques années plus tard, il tournera en vedette avec Dany ROBIN dans "Conduite à gauche").
Les portes de l'Olympia lui sont désormais grandes ouvertes; on l'y verra terminer la première partie de Georges BRASSENS, puis des célèbres PLATTERS.
Outre ses propres chansons, la jeune vedette devient l'interprète des plus grands paroliers et compositeurs - AZNAVOUR , DELANOË , SALVADOR, BRASSENS, LEMARQUE - ainsi que des jeunes MOUSTAKI, NOUGARO, Michel LEGRAND; mais aussi des auteurs de talent moins connus du grand public : DREJAC, DATIN, VIDALIN, POPP; et plus tard Maxime LE FORESTIER, Alain SOUCHON, Julien CLERC, Gilles VIGNEAULT , CAVANNA, Jacques LANZMANN, DABADIE, LEBEL, LEMESLE...
La radio passe régulièrement ses chansons poétiques ou fantaisistes "Escamillo", "Julie", "Quand on est amoureux", " La chanson du grillon", " L'amour en mer", "Les amoureux de Peynet".
En 1961 premier gros succès populaire avec "Come Softly to Me" devenu en français "Tout doux toux doucement" et c'est en 1962 que l'immense succès de "Bleu blanc blond" - précédant de peu "Le mexicain"- l'installe définitivement au rang de grande vedette populaire. Au cours des décennies qui suivront, quelques jalons dans la carrière de cet infatigable "voyageur de commerce en chanson française": les albums "Nos chansons de leurs vingt ans" et "Fantaisie sur des airs d'opérettes" (où l'on trouve "La leçon de solfège" -du "PETIT DUC"- en calypso et "La veuve joyeuse" en slow, "Chansons des Îles et d'ailleurs", "Sukiyki" (souvenir du Japon), "Au bal de ma banlieue", "Le clown", "Maria et le pot au lait", "Tu connais pas Mireille", "Le monsieur qui volait", etc...
Fort de son expérience et de la force de ses trente trois ans, Marcel AMONT se sent les épaules assez solides cette même année 62 pour relever le défi d'un one-man-show; il en rêve depuis l'époque où, assis sur un strapontin au "poulailler", il ne se lassait pas de venir applaudir Yves MONTAND au Théâtre de l'Etoile. Et ce sera Bobino à guichets fermés pendant trois mois.
Sa vocation d'homme de scène à caractère surtout visuel et son don des langues lui ouvrent une carrière internationale. Si bien que même pendant de nombreuses années dites "yé-yé", il travaillera beaucoup plus à l'étranger qu'en France; pays francophones mais aussi Allemagne, Hollande, Japon, Espagne, URSS et surtout Italie (où on fredonne encore sa chanson "Viva le donne"). Il a enregistré dans huit langues !!!
1965 - Cette fois-ci, en tête d'affiche, Marcel AMONT remporte à l'Olympia un immense succès. Une innovation: dans la mise en scène, il fait évoluer autour de lui des danseuses. C'était la PREMIÈRE FOIS qu'on voyait cela en France dans un tour de chant. Claude FRANCOIS saura s'inspirer de cette idée et la porter à une sorte de perfection.
Marcel déclare volontiers: "Je suis avant tout un homme de scène. J'ai été comédien, acrobate, j'aime le one man-show".
Et tout en courant le monde, il prépare avec ses musiciens une rentrée fracassante à Paris. En effet, 1970 sera une année qui compte dans sa carrière. La formule inaugurée en 1965 a été élargie et peaufinée. Toute la troupe en scène participe à l'action: les choristes dansent, danseuses et musiciens chantent. Ballets, sketches, chansons se succèdent. Marcel a bien mérité du surnom de "metteur en scène de la chanson" que lui a donné Henri SALVADOR.
Après cinq semaines de triomphe à l'Olympia, il promènera pendant des années à travers le monde ce spectacle de deux heures de chansons made in France.
Le répertoire de ces années là, ainsi que des années suivantes, comprendra "Samba d'été", "Monsieur", "L'amour à vol d'oiseau", "C'est aujourd'hui dimanche", "Benjamin le Bienheureux", "Le marathon", "La galère", "Viennois", "Pour traverser la rivière", "Pauvre Crésus", "Quand Jeanne est malade", "A Prague à Santiago", "Oloron Sainte-Marie", "Y a toujours un peintre", "La musique est de retour"... Avec, bien sûr, ce nouveau gros succès populaire "L'amour ça fait passer le temps" (THOMAS, RIVAT et VINCENT) disque d'or en 1971 et ces merveilleux cadeaux de Georges BRASSENS que sont "Le chapeau de Mireille" (Paroles et musique), "Une petite Eve en trop" et "Le vieux fossile" (textes qu'il mettra en musique). Sans oublier, côté coeur et mémoire, toutes les chansons en béarnais qui, depuis "Chanson de la Vallée d'Aspe du Béarn et des Pyrénées" (1962 !), continuent à lui tenir à coeur; en particulier "Marcel AMONT canta los poetas gascons" où il met en musique les poètes de son pays d'origine.
En 1972, le grand réalisateur de télévision Jean-Christophe AVERTY lui consacre toute une émission "Amont Tour" dont le succès est tel qu'il récidive avec "Amont Coeur" qui sera la première réalisation télévisée en couleurs qui représentera la France au Festival International de Montreux.
En 1975, arrêt quelques mois à Paris pour la création aux Bouffes Parisiens de sa comédie musicale "Pourquoi tu chanterais pas" qui lui vaut les honneurs de la critique; mais, très curieusement, après les succès d'antan, ce genre semble ne plus attirer le public ("Starmania" ne viendra que quelques années plus tard).
Peu importe. Toujours la valise à la main, courant de gare en aérodrome, arpentant les scènes du monde entier de Séoul à Bogota et de Papetee à Ljubljana, Marcel, passionné d'aviation, fait une partie de ses tournées aux commandes de son petit avion de tourisme - il passera son brevet de vol aux instruments à Dallas en 68, son brevet de montagne dans les années 70 - titulaire de plus de 2000 heures de vol, Jacqueline AURIOL lui remettra la Coupe du Meilleur Pilote de Tourisme.
En 1978, déjà père de deux enfants, saturé d'aventure(s) et de voyages, Marcel à décidé de changer de vie et, pour la première fois, a convolé en justes noces avec Marlène. Un fille, puis un fils, finiront de transformer la longue période de tumultueux célibat en une vie faite de joies familiales et d'activités artistiques sensiblement différentes. Sa carrière sera désormais moins orientée vers les succès immédiats propres au monde des variétés actuelles que vers la réalisation de projets qui lui tenaient à coeur, comme "La Hesta" à Pau (spectacle occitan filmé et retransmis par FR3 dans toute l'Europe et... jusqu'en Chine !); ou la mise sur pied de grands spectacles, surtout dans les pays francophones; ou, en juillet 92, le passage en vedette de la semaine française de Tokyo, suivi d'une magnifique tournée en Asie de Sud-Est.
Janvier 1989: L'Olympia. Vingt ans après... "Tant qu'on me réclamera et que j'en aurai envie, je continuerai" affirme le (toujours) bondissant vétéran; au menu, de la scène, de la scène et encore de la scène. Bien sûr, ses morceaux de bravoure anciens les plus populaires mais aussi des chansons et des sketches inédits qu'il refuse d'enregistrer ou même de voir diffusés à la télé ou à la radio pour en laisser la primeur aux spectateurs de ses concerts: "The cow-boy of the montagne noire", "Demain j'arrête de fumer", "Le Duke, le Count, le King", "Je n'ai jamais vu le Mexique", "Caroline donne-moi ton coeur", "Impressions", "Une chanson", "La sieste à deux", "Demande-lui, il m'a vu", "Le jardinier", "Une chanson"...
Parmi ses moments de repos en famille, incapable d'inactivité totale, Marcel AMONT a trouvé le temps d'enquêter pendant trois ans et d'écrire un livre où il raconte ce qu'il sait de l'art et la manière de faire les chansons "ces courants d'air qu'on attrape avec des filets à papillons":
Sorti en 1994, cet ouvrage de 400 pages (Edition du Seuil) a fait quelque bruit; surtout après "Bouillon de culture", l'émission que lui a consacré Bernard PIVOT. On trouve là, sous l'oeil et la plume du spécialiste qu'il est, des précisions -des révélations, pourquoi pas- sur l'inspiration, les méthodes de création et de lancement; avec des centaines d'anecdoctes recueillies auprès d'auteurs dont l'éventail va de MIREILLE aux NEGRESSES VERTES en passant par AZNAVOUR , SOUCHON, BECAUD, Julien CLERC ou Maxime LE FORESTIER.
Quand on a vu la mort de tout près pendant la guerre ou avant le sanatorium, il en faudrait bien plus pour se décourager. Le briscard en pleine forme va sur ses 76 ans d'un pas alerte, la tête pleine de projets; on continue à le voir aussi bien sur les tréteaux de la France profonde qu'à San Francisco chantant pour l'Alliance Française ou entre la Jamaïque et Cuba, pour des croisiéristes...
Pour fêter un demi-siècle de bons et loyaux services dans la chanson (surtout française, répétons-le), la firme Universal a réalisé un double coffret souvenir "Le meilleur de Marcel AMONT" regroupant les titres qui ont illustré sa carrière sur les scènes du monde entier, dans leur version d'origine. Depuis "Escamillo" et "Julie" (années 50), "Bleu blanc blond", "Un mexicain", "Moi le clown" (années 60) en passant ensuite par "Maria et le pot au lait", "L'amour ça fait passer le temps"", "Le chapeau de Mireille", "La musique est de retour"...
L'auteur, après une étude générale, à la fois souriante et très documentée, est allé débusquer "les petites phrases qui font tilt" jusque dans la chanson. Du cousu main pour les amateurs de proverbes, maximes, aphorismes, dénichés où on ne les attendait pas !!!
"Marcel AMONT, 50 ans d'énergie" dit Jacques SEGUELA !... S'il ne tient qu'à lui, ce n'est pas demain la veille qu'on le verra s'arrêter. Mais la grande qualité de Marcel AMONT, reste pour ceux qui le connaissent bien, une gentillesse naturelle devenue légendaire depuis toutes ces années de travail passées à côtoyer les plus illustres et à faire le bonheur de tant d'anonymes aux quatre coins de la planète. L'artiste, internationalement reconnu aujourd'hui, continue inlassablement de voyager, d'écrire, de chanter, de créer.
DREYFUS, un label réputé pour son catalogue.... jazz !) sort en octobre 2006 un CD où apparaît une facette peu connue des talents de l'artiste. Outre quelques chansons revisitées "Samba d'été", "Viennois", "L'amour ça fait passer le temps", on découvre huit inédits qui séduisent le public avec, notamment, la participation d'Agnès JAOUI, Gérard DARMON, Didier LOCKWOOD, sans oublier (la bonne surprise !) sa fille Romélie ! Avec conséquence inespérée, récital à l'Olympia, 50 ans après son premier passage en "supplément au programme" de la grande Edith PIAF. Succès triomphal qui le ramène sous les feux de l'actualité après une longue absence des médias. Du neuf, voilà du neuf, pour un chanteur "à l'ancienne" qui a toujours eu à coeur de ne pas s'endormir sur ses lauriers d'antan ! Et avec ce come back médiatique, il CONTINUE à chanter, à danser, à communiquer sa bonne humeur...
À partir de mars 2008 grande tournée "ÂGE TENDRE", qui le verra se produire dans toutes les grandes salles de France et de la francophonie. Après la grande tournée "ÂGE TENDRE 2008/2009" (jusqu'en juin 2009), il fourmille de projets: - 15 septembre 2009: Sortie de son livre de souvenirs "SUR LE BOULEVARD DU TEMPS QUI PASSE"
Actuellement disponible (sous 24H) aux Editions Christian PIROT www.christianpirot.com . - Du 15 octobre au 31 octobre 2009. Nouveau spectacle à Paris au théâtre "LA GRANDE COMEDIE" avant de se produire dans tout l'Hexagone et les pays francophones (avec possibilité de l'adapter pour l'étranger, selon son habitude bien rodée). - Printemps 2010. Sortie d'un DVD retraçant sa carrière et d'un CD.
Et ensuite, ensuite, eh bien, le temps aura passé et, si Dieu lui prête vie -il est en pleine forme!- il préparera dignement ses soixante ans de bons et loyaux services sur les planches, en même temps que son quatre vingtième anniversaire...
Pour son centenaire, on verra bien: rien ne presse...
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